Comment ce patron a surmonté son burn-out

En 2015, Jean-Christophe Anna a traversé une phase de burn-out qui a bouleversé son existence, celle de son entourage et jusqu’à l’équilibre même de son activité. Ce dirigeant de TPE raconte comment il a surmonté cette épreuve. Publié le 18-07-2016 sur challenges.fr

Nous sommes fin 2014. Jean-Christophe Anna, à la tête d’une société spécialisée en innovation dans le recrutement, achève “une année professionnelle exaltante” durant laquelle il est parvenu à recruter ses trois premiers salariés. “Mais voilà, ça n’allait plus avec mon associé qui se reposait trop sur moi. Je pilotais à la fois la gestion administrative, le management opérationnel des équipes, la prospection commerciale… C’était trop, je tirais sur la corde. Nous avons décidé d’un commun accord de nous séparer.”

Lui, garde deux des trois salariés de l’entreprise, qu’il rebaptise #rmstouch. “Il a fallu gérer la scission, remobiliser l’équipe, promouvoir notre nouvelle identité, bref, relancer la machine. En parallèle, j’ai dû faire face à un violent conflit dans ma famille”. Une période de transition éprouvante, durant laquelle l’entrepreneur connaît des troubles du sommeil, devient irritable et perd goût au travail.

“Le cerveau ne répondait plus”

“Je me sentais moins performant et stressé. J’ai commencé à prendre des antidépresseurs. Jusqu’à ce jour, où, lors d’un événement professionnel, je me suis retrouvé totalement incapable de prendre part aux discussions. Moi qui suis d’ordinaire si volubile, je n’arrivais à tenir aucun échange. J’avais l’impression que tout le monde parlait chinois”, se souvient-il.

S’ensuivent deux semaines de “trou noir” où l’entrepreneur est incapable de prendre la moindre décision. “Chaque petite tâche devenait insurmontable. Je n’arrivais même plus à envoyer un mail. Le cerveau ne répondait plus”, décrit Jean-Christophe Anna. Un état apathique qui revient ensuite de façon aléatoire pendant près de quatre mois. Même s’il est très entouré par sa femme et ses proches, Jean-Christophe Anna envisage de tout plaquer. “Tout marchait bien, mais j’avais l’impression que j’allais planter ma boîte, licencier mes collaborateurs, me retrouver sans Assedic.”

Pour autant, le dirigeant ne se sent pas dépressif, juste “bloqué” par moment. Il se replie sur lui-même au siège de l’entreprise à Strasbourg et ment à ses salariés basés, eux, à Paris. “Je leur ai dit que j’avais attrapé un virus et ne communiquait à la fin plus que par mail avec eux. Ils étaient démunis et sont allés jusqu’à penser que j’étais en phase terminale d’un cancer! Ils m’en ont voulu par la suite et je les comprends.”

“L’importance de la troisième vie”

La situation se débloque lorsque Jean-Christophe Anna se décide à contacter mi-juin 2015 le CREDIR, une association d’aide aux transitions professionnelles. “J’ai été accompagné par un bénévole et j’ai suivi un stage pour mieux me connaître. Ça a été le déclic. J’ai eu de la chance, j’en suis sorti à temps pour organiser l’événement le plus important de l’année pour ma société.”

Agé de 41 ans, le chef d’entreprise l’assure aujourd’hui, s’il n’a pas replongé, c’est aussi car il a changé son hygiène de vie au quotidien. “J’avais développé une réelle addiction aux écrans. Désormais, je coupe tout dès 20h. Je me suis aussi mis au yoga. Et j’ai appris l’importance de la troisième vie (associative, sportive, culturelle…), celle qui équilibre les deux autres, professionnelle et personnelle.”

Aujourd’hui, il s’investit dans l’association qui l’a sorti de ce mauvais pas. La meilleure manière selon lui de lever le poids du tabou et de la culpabilité pour lui, et maintenant pour les autres.

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